samedi 20 juin 2009

USA 2008 - Part 19 - End of the Trip



Vendredi 29 août : La fin du voyage.
Evidemment, on ne peut pas aller à San Francisco sans avoir l’idée de faire un tour du côté de Haight-Ashbury. Là où en 1967, plus de 100 000 hippies convergèrent pour le Rain Festival où se produisirent les groupes mythiques prônant la vie en communauté, l’amour libre, la solidarité et le droit à la différence : Grateful Dead, Jefferson Airplane, Janis Joplin et sa Holding Company. On appellera ça l’été de l’amour (Summer of Love) en oubliant pudiquement les ravages du LSD, des amphétamines et autres cocktails morbides.
En tout cas, une vraie culture est née là-bas, musicale, graphique, littéraire.
Mais avant d’arriver dans ces lieux magiques, il nous faire une pause dans l’Alamo Park.
Non pas qu’il soit spécialement remarquable, mais parce que depuis l’intérieur du parc, on a une vue étonnante avec au premier plan, des vieilles maisons victoriennes fraîchement repeintes (et donc baptisées Painted Laidies), et à l’arrière plan, le cœur de San Francisco et ses gratte-ciel magiques. A l’endroit où on prend la photo, la pelouse a disparu ! Un peu comme sur la ligne de service de Wimbledon en fin de deuxième semaine.

Dans le quartier hippie de Haight-Ashbury, proche du gigantissime Golden Gate Park, on vient un peu comme en pèlerinage. On y est aussi attendus comme des pélerins ! Les boutiques aux façades psychédéliques sont remplies de gadgets que ne renierait pas Bernadette Soubirous à Lourdes. En beaucoup plus chouettes quand même, faut pas exagérer.


Ici, les tagueurs sont sous contrat. Objectif : ne pas laisser le moindre cm² de façade sans graffiti. Ces garçons sont d’ailleurs de vrais artistes. Quand ils ne jouent pas à la bombe de peinture, ils se font tatouer ; les bras, les mollets et sans doute bien plus que l'on ne peut pas voir.


Et puis, il ne faut pas oublier LA pizzeria "Escape from New York"où toutes les stars sont passées un jour ou l’autre déguster une succulente pizza (si, si, c'est vrai et en plus c'est pas cher), en témoignent toutes les photos délavées mais néanmoins dédicacées et punaisées aux murs. Un sanctuaire. Rendez-vous compte, j’ai peut être posé mes fesses sur la même chaise que Jerry Garcia, l’âme de Grateful Dead, décédé en 1995. Et Dominique sur celle de Janis, qui elle, n’aura pas survécu à une overdose en 1970. N’est ce pas merveilleux !
Pour finir la visite et pour ramener quelques précieux CD en France, je vous conseille, à côté de la pizzeria, un entrepôt (à ce stade c’est plus une boutique) de disques neufs ou d’occase, cd’s ou vinyls, vidéos, bouquins, etc… Je crois que ça s'appelle Amoeba Music.
De quoi passer la journée à fureter pour chercher les reliques.
Voilà, les vacances 2008, c’est fini !

Sunshine in San Francisco
Makes your mind grow
Up to the sky.
(Let’s go to San Francisco – The Flower Pot Men)
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mardi 19 mai 2009

Les Zanniversaires

Un an ! C'est chouette, on a droit à de beaux cadeaux et un gâteau avec une bougie dessus. Ca doit être très doux cette belle petite flamme jaune. Je la toucherais bien pour voir ! A non, il faut pas ? Maman dit que ça brûle. Je sais pas trop ce que ça veut dire. Un jour j'essaierai de l'attraper.

A peine allumée qu'il faut déjà l'éteindre ; c'est vraiment bizarre les anniversaires. Moi, j'arrive pas encore à souffler, heureusement Joachim est là. Lui il sait, il est tellement vieux qu'il en a déjà soufflé plein, des bougies d'anniversaire.

Et puis il y aussi les bougies de papa à souffler. Papi a dit que si on avait voulu mettre toutes les bougies de son anniversaire, il aurait fallu deux gateaux. Alors mami a mis deux bougies numéros : le 3 et le 0. Joachim a beaucoup de travail, faut aussi qu'il aide papa à souffler.


Maintenant, on n'a plus qu'à ouvrir tous les cadeaux !
Elle est pas belle, la vie ?

Bon anniversaire
Petit trentenaire
Et le temps passe d'hier en demain
Ca me tragique ça me cruelle
Mais j'y peux rien
Même les pompiers au regard si franc
Sur un calendrier n'ont rien d'rassurant.
(Bon Anniversaire - Bénabar / Bénabar)
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jeudi 14 mai 2009

La Cabane - Part 2


"Bienvenue mesdames et messieurs dans la cabane à Jojo !"



"Je vais vous préparer un petit thé, mais je crois bien qu'il y a une intruse dans ma maison...."



"Mais de qui parle-t-il donc, cousin Jojo ?
Serait-ce moi l'intruse, qui suis en train de l'aider à préparer les cuillères ?"



"Coucou, Joachim, c'est moi Gabrielle, je crois qu'on va bien s'amuser tous les deux chez papi et mami, dans notre cabane verte, vivement les vacances !"


I remember way back then when everything was true and when
We would have such a very good time
Such a fine time, such a happy time
And I remember how we'd play, simply waste the day away
Then we'd say nothing would come
Between us two dreamers

(Our House in the Middle of the Street - Madness / One Step Beyond)


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La Cabane - Part 1

"Bon, Papy elle est arrivée la cabane, faudrait que tu m'aides à vider le carton !"

Depuis le temps qu'on en parlait, qu'on arpentait les magasins pour comparer les modèles et les prix avec plus d'attention que si on avait du acheter un apart.
On avait même fait des tests "in situ" avec Joachim pour voir dans laquelle il se trouvait le mieux. Il y en avait deux qui avaient reçu son aval ! Une belle verte avec appenti et petit banc, et une grande marron avec un évier à l'intérieur !
Le souci, c'est qu'elles étaient en plastique!
Et le tonton Johan, il aime pas ça le plastique, il préfère le bois!
Moi aussi d'ailleurs, mais j'ai pensé : "c'est pas toi qui va passer la peinture"
Alors, on a décidé d'acheter une cabane en plastique, la verte.

" Ouh la la ! Comment qu'on fait maintenant que j'ai tout mis par terre : de l'aide !"

"Bon, papa est arrivé, mais ça va pas très vite. Faut dire qu'avec les outils de papy, ça aide pas beaucoup ! Quand même, je peux déjà vous accueillir à l'entrée !"

"C'est chouette, tonton Johan et maman sont aussi venus aider. Ca avance plus vite.
Je vais enfin pouvoir m'installer avec ma dinette et me mettre à la cuisine. J'ai ramené de chez mami Josiane une recette de ripounchous que vous allez m'en donner des nouvelles!"
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lundi 11 mai 2009

USA 2008 - Part 18 - Sausalito

Nous sommes à Sausalito, de l’autre côté du pont de Golden Gate.
Si j’osais, je dirais que Sausalito est à San Francisco ce que St Jean Cap Ferrat est à Arcachon. C’est donc sensé être un havre de paix pour une clientèle très friquée.
Avec beaucoup de touristes en plus ; venus soit avec le bac,
soit par le pont et en vélo pour les plus courageux.
Mine de rien, l’ascension du Golden Gate, ça doit pas être si facile, surtout s’il y a du vent.
Mais qu’y a-t-il à voir à Sausalito ?

Des restaurants et des salons de thé.
Pour la digestion, des dizaines de galeries de peintures et sculptures variées,
(voire avariées à mes goûts).
Pour pouvoir meubler les maisons.



Des maisons, soit style empire avec colonnes en stuc d’assez mauvais goût
(heureusement, on peut avoir beaucoup de pognon et des goûts de chiotte) ;
soit style architecte en délire qui empile des cubes les uns sur les autres.
Un détail d’importance, le (ou les) garage(s), doivent avoir la surface d’un T4 à Paris pour y loger les voitures monstrueuses et les bateaux !



Voici un exemple d’une voiture style fifties.
On a eu beau faire le tour plusieurs fois, on n’a pas trouvé la marque.
Si ça vous dit quelque chose, n’hésitez pas à me faire signe.
Intérieur en cuir et bois précieux bien entendu.
Bon, la couleur vert « caca d’oie », c’est pas top ;
mais je vous l’ai dit, les goûts ici, c’est pas ce qui compte.
Il faut que ça se voit, et de ce côté-là c’est réussi !
Il aurait fallu qu’on remonte quelques centaines de mètres plus au nord du port pour découvrir les « house boats » ou plutôt « maisons flottantes » parce qu’à ce stade, c’est plus des bateaux ! D’ailleurs, elles ne quitteront jamais le port.
Un peu comme les vedettes dans le port de St Tropez.
Elles sont là pour que les touristes viennent admirer les propriétaires sur la terrasse.
Eh bien, on n’y est pas allé !


Quand même à ne pas rater, avant de reprendre le bac,
une petite photo de la baie avec la vue de San Francisco.
Ca vaut quand même le détour et les glaces sont délicieuses !

Hot summer night in Sausalito
Can't stand the heat another mile
Let's drop a quarter in the meter
And hit the sidewalk for a while
I'll have a burger and a root beer
(Sausalito Summernight – Diesel /Watts in a Tank)
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samedi 25 avril 2009

USA 2008 - Part 17 - San Francisco Bay

Descente du cable car, nous voilà sur le quai au bord de la baie de San Francisco. C’est du Quai du Pêcheur (Fisherman’s Wharf) que nous démarrons pour une petite traversée de la baie en direction de Sausalito, petite cité friquée qui se trouve de l’autre côté de l’entrée de la baie.
Au démarrage du bateau, la vue est superbe sur le skyline de San Francisco. Tous les gratte ciel sont là, bien alignés sur le front de baie. On reconnaît bien sûr l’emblème de la ville, la Transamerica Pyramid, qui porte décidemment bien son nom.

A l’avant du bateau, côté droit, nous nous rapprochons d’un autre endroit mythique, l’ile prison d’Alcatraz. Aujourd’hui désaffectée, elle aura abrité des prisonniers célèbres, dont le plus connu est certainement Al Capone. Combien auront pu s’en évader ? D’après la légende, seulement deux ou trois, et encore on n’est pas sûr qu’ils s’en soient sortis vivants. Les courants très puissants et très froids arrivant du Pacifique empêchent de nager vers San Francisco. La distance est trop importante pour envisager traverser la baie à l’opposé en direction d’Oakland. En fait il n’y a guère que Clint Eastwood (l’Evadé d’Alcatraz) ou Burt Lancaster (Le Prisonnier d’Alcatraz) qui y soient parvenus !

Les premiers prisonniers, à partir de 1934, auront pu assister, derrière leurs barreaux de cellule, à la construction de la star de la baie : le Golden Gate Bridge. Ce merveilleux pont suspendu orange, long d’environ 3km, clôt l’entrée de la baie. Inauguré en 1937, il fut pendant très longtemps le plus long pont suspendu du monde. Il lui arrive souvent d’être caché par la brume. On a de la chance.

Avant l’arrivée à Sausalito, un petit coup d’œil vers l’arrière. San Francisco s’est éloignée. Nous découvrons maintenant dans son entier l’autre énorme pont qui traverse la baie, le Oakland Bay Bridge, en deux parties puisqu’il repose au milieu sur l’ile au Trésor (Treasure Island).

Got the blues from my baby
Left me by the San Francisco Bay.
This big ocean liner took her so far away.
If she ever comes back to stay
Well, that'll be another brand new day
Walking with my baby down by the San Francisco Bay
(San Francisco Bay Blues – Eric Clapton / Unplugged)

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dimanche 19 avril 2009

Sonnez les Cloches, Sonnez !

Pour fêter la renaissance du petit Jésus, chaque année, les cloches, à Pâques, décident toutes d'aller rendre visite à leur (saint) père, à Rome. En cours de route, ne me demandez pas pourquoi -parce que c'est sans doute un miracle et que les miracles, par définition, ça ne s'explique pas - les cloches laissent tomber des petits animaux en chocolat dans les jardins. On a quand même du bol, parce qu'imaginez un peu ce que ça donnerait si les cloches décidaient de nous envoyer des enclumes à la place! En tout cas, c'est jour de fête pour les petits enfants qui se font un plaisir d'aller fouiller dans les futaies. Pour Joachim, on peut parler de pêche miraculeuse ! Pour Gabrielle, il a quand même fallu aider un peu pour trouver le petit poussin parce que c'est pas facile d'explorer les fourrés en poussette.

Pour la prochaine fois, il faudrait que les cloches pensent à multiplier les camions en plastique parce qu'il commence à y avoir compétition ! Gabrielle n'est pas vraiment d'accord pour lâcher le morceau et Joachim pense qu'il était là avant et que le droit d'ainesse, ça devrait bien vouloir dire quelque chose. C'est pas facile l'apprentissage du partage des richesses ! Il y a d'ailleurs des tas de patrons qui ne doivent pas avoir eu l'habitude, dans le temps, de partager leur camion.

Mademoiselle Gabrielle, très contente d'elle, a fini de vider le panier de jouets. Un petit sourire pour Papy ! Merci !

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lundi 13 avril 2009

USA 2008 - Part 16 - Cable Cars

Jeudi 28 Août : Savez vous quel est le seul véhicule à figurer dans la liste du patrimoine Mondial de l’UNESCO ? Ce sont les fameux Cable Cars de San Francisco. Ils sont incontournables pour tout visiteur digne de ce nom. Ils ont été créés aux environs de 1870. Ce sont des bus en bois qui sont tractés sous terre par un câble. A l’origine, il y avait huit lignes différentes qui quadrillaient la ville. En 1947, un projet de remplacement par de vulgaires bus est annoncé et provoque une révolte des habitants de San Francisco. Il est finalement décidé de conserver 4 lignes qui existent toujours.

La plus empruntée est certainement la ligne Powell, qui démarre au centre ville, à Union Square pour se terminer au nord, sur les quais de la baie, à Fisherman’s Wharf. Dans la dernière descente, la vue plongeante sur la baie et sur l’ile-prison d’Alcatraz est magnifique.

Comme tout se visite aux USA, on peut rentrer dans l’usine en briques rouges, le Cable Car Barn Museum, et voir au sous-sol la machinerie qui fait inlassablement tourner les câbles des 4 lignes restantes. Vous retrouvez tous les éléments d’un musée : documents, premières voitures du XIXème, lanternes à gaz, boutique souvenirs (ne pas rater le morceau de câble usé dans son emballage)….mais surtout des explications. Comment prendre les virages à angle droit et comment font les conducteurs pour attraper et relâcher le câble qui circule en permanence à 15 km/h sous la chaussée.

Je vous laisse découvrir le tableau ci-dessus qui explique comme le grip-man (celui qui actionne la grosse pince depuis la cabine) procède pour les différentes manœuvres. Si vous ne pigez pas, demandez à Kiki, il est beaucoup plus calé que moi. En tout cas, si on vous propose de conduire un cable car pour job de vacances, passez à la salle de muscu avant votre départ pour San Francisco, parce que c’est physique !

San Francisco, San Francisco
Her lover’s arms were open wide
Where the gates of golden
Waits with charms unfolding
Hold that cable car up there with pride
I gotta ride
(San Francisco – Brian Wilson and Van Dyke Parks / Orange Crate Art)

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vendredi 27 mars 2009

Alain Bashung : ma Place pour le 17


Je l’avais, je la tenais bien au chaud dans mon agenda depuis presqu’un an, ma place pour le 17 mars 2009. J’allais enfin voir Alain Bashung. Le dernier des grands mohicans de la chanson française que je n’avais pas encore pu voir sur scène.
Assez bizarrement d’ailleurs, je ne me souviens pas que les tournées d’Alain Bashung aient croisé la Touraine. En tout cas, j’allais réaliser un rêve, au Grand Rex à Paris, le 17 mars.
Puis vint l’annonce du cancer qui ronge, puis l’apparition du fantôme décharné aux Victoires de la Musique, où l’impression que le corps ne servait plus que d’un abri ultime pour la voix merveilleusement claire du chanteur.
Là, égoïstement, je me suis dit, pourvu que le temps lui laisse un espace suffisant pour que je puisse enfin contempler mon idole païenne. Et puis non…
Il reste la musique, les paroles lues et relues pour en extirper le meilleur, tenter de comprendre pourquoi ces mots mélangés, malaxés, torturés, ces phrases sibyllines, intrigantes, dérangeantes venaient s’ancrer au fond de nos mémoires, comme des citations accrochées aux oriflammes.
Ca avait commencé au temps de mes 25 ans avec des couplets emblématiques :

Alors à quoi ça sert la frite si t'as pas les moules
Ca sert à quoi 'cochonnet si t'as pas les boules
(Gaby Oh Gaby / Pizza / 1981)

Il jouait avec les mots, peut-être simplement pour le plaisir de sortir une blague

Au printemps, j’redoute qu’un des trois suisses me livre
(Helvète Underground / Passé le Rio Grande / 1986)

Mais peut être aussi pour parler, sans en avoir l’air, de son enfance alsacienne, chez ses grands parents, éloigné de sa mère, restée à Paris et d’un père qu’il n’a jamais connu.

Je suis né tout seul près de la frontière
Celle qui vous faisait si peur hier
Dans mon coin on faisait pas d'marmot
La cigogne faisait tout le boulot
C'est pas facile d'être de nulle part
D'être le bébé von dem hasard
(Elsass Blues / Roulette Russe / 1979)

Il veut se donner l’image du mec non fréquentable, du Gene Vincent du rock français,

Tu m'as gagné au bingo
C'était moi ou le chihuahua
D'accord je suis pas un cadeau
Je tâche un peu mais je ne déteins pas
Faut pas m'accuser de réception
Quand le coursier viendra me livrer
Sois chic prends-moi par le haut
J'aimerais autant que tu gardes tes bas
(Retours / Pizza / 1981)

Ne pas vouloir s’investir dans des relations à long terme,

Les grands voyageurs
Laissent dans le cœur des ardoises
Les grands voyageurs
Laissent les tuiles aux Tuileries
Cherchent des amuse-gueule au buffet de la gare
Trouvent des femmes seules pour hommes affamés
(Les Grands Voyageurs / Osez Joséphine / 1991)

Ou encore,

J'passe de sas en sas
Et mes visites s'espacent
Mes élans me courent et m'entraînent
Vers d'autres riveraines
Vers la grande inconnue
Loin du réconfort
(J’passe pour une caravane / Chatterton / 1994)

La vie doit être un tourbillon,

La vie c'est comme une overdose
Tu prends tout tout de suite
Tu en crêves et vite
Et si tu prends pas, c'est la vie qui t'a
(Je fume pour oublier que tu bois / Roulette Russe / 1979)

Et puis, avec l’âge, l’urgence se calme, les sens se posent, on découvre l’idée que les sentiments peuvent s’exprimer, sans honte, sans fausse pudeur. Ca fonctionne comment, un homme ?

Mes réponses allongées
Mes que dire
Mes que faire
Mais comment ça tient en l’air
Ces deux hémisphères
Par quel mystère
J’cloue des clous sur des nuages
Un marteau au fond du garage
J’cloue des clous sur des nuages
Sans échafaudage
(Volutes / Osez Joséphine / 1991)

Le rebelle se transforme, ne fuit plus, le poète s’exprime,
les confidences du bord des lèvres,

J’ai longé ton corps
Epousé ses méandres
Je me suis emporté transporté
Par delà les abysses par dessus les vergers
Délaissant les grands axes
J’ai pris la contre allée
Je me suis emporté transporté
(Aucun express / Fantaisie militaire / 1998)

L’homme se pose, se dévoile, se transparise,

À l'avenir
Laisse venir
Laisse le vent du soir décider
À l'avenir
Laisse venir
Laisse venir
L'imprudence
Tu perds ton temps
À te percer à jour
Devant l'obstacle
Tu verras
On se révèle
(L’imprudence / L’imprudence / 2002)

Commence à faire le bilan,

Ode à la vie
Elle a jonché d’or et de jade ma routine
Elle a jonché de sopalin des torrents de larmes
Mais l’ampleur m’a fait me fissurer
Ode à la vie
Ode à la parodie
Ode à la poésie
Ode à la vie
(Ode à la vie / Fantaisie Militaire : 1998)

Maturité ou vieillissement ?

Les pluies acides décharnent les sapins
J'y peux rien, j'y peux rien
Coule la résine
S'agglutine le venin
J'crains plus la mandragore
J'crains plus mon destin
J'crains plus rien
Le souffle coupé
La gorge irritée
Je m'époumonais
Sans broncher
(Angora / Fantaisie Militaire / 1998)

Maladie sournoise, mort qui rôde,

Peu à peu tout me happe
Je me dérobe je me détache
Sans laisser d’auréole
Les cymbales les symboles
Collent
On se rappelle
On se racole
Peu à peu tout me happe
(Happe / Osez Joséphine / 1991)

Lucidité,

Tout est brutal
Botté en touche
Tout à l'horizontal
Nos envies, nos amours, nos héros
(Je t’ai manqué / Bleu pétrole / 2008)

Et renoncement.

Mon ange je t'ai trahi
Tant de nuits alité
Que mon cœur a cessé
De me donner la vie
Si loin de moi...
(Tant de nuits / Bleu Pétrole / 2008)

En épilogue, une chanson, ma préférée depuis longtemps,
qui prend maintenant tout son sens et sonne comme le symbole des mots que j’associerai toujours à Alain Bashung : élégance, mélancolie, envoutement, discrétion, pudeur, délicatesse….

L'heure c'est l'heure
On n'est pas d'humeur
A verser des pleurs
Fières sont les ouvrières
Le jour en tailleur
Le soir en guêpière
Quand la mort vous susurre
Des serments veloutés
Que rien n'est moins sûr
N'aura plus d'importance
Ni la chaleur
Ni les piqûres
Api apiculteur
D'heure en heure
L'apiculteur se meurt
Trouve l'interrupteur
Une oasis
Aux allées bordées d'épagneuls
Que la splendeur n'effraie plus
Api apiculteur
(L’apiculteur / Chatterton / 1994)

Resteront les chansons, résonneront les mots, peut-être pendant des dizaines d’années.
Peut-être qu’un jour, dans le futur, un beau jeune homme s’approchera de ma petite-fille pour lui dire :

Gaby j't'ai déjà dit qu't'es bien plus belle que Mauricette
T'es belle comme un pétard qu'attend plus qu'une allumette
Ca me fait craquer, au feu les pompiers
(Gaby Oh Gaby / Pizza / 1981)

En attendant,

L'ecran floconne
Y'a plus personne
Silence
Silence
Mes anges se réconcilient
Si on se taisait
Silence je pense
Et puis non
(Silence mes Anges / Mes petites entreprises / 1998)

Adieu.


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mercredi 18 mars 2009

USA 2008 - Part 15 - San Francisco Hills

Mercredi 27 Août, nous changeons de quartier et décidons de faire un tour dans les quartiers plus résidentiels qui occupent les fameuses collines de San Francisco. Quand on est au milieu du Financial District (le quartier des affaires et des grands buildings), on ne peut pas s’imaginer que la péninsule sur laquelle est construite la ville est aussi vallonnée. Il suffit de passer dans les deux quartiers quelques centaines de mètres plus au nord, Nob Hill et Russian Hill (je me demande maintenant si notre expression « montagne russe » est une traduction du nom de ce quartier ou si c’est l’inverse) pour s’en rendre compte. Cette photo est prise depuis un « cable car » (on en reparle le prochain coup, c’est promis), qui part du point central de Union Square vers le nord par Powell Street. Vous voyez que ça grimpe bien. Malgré ces collines, les américains sont restés fidèles à leurs principes : les rues se coupent toujours en angle droit. Les croisements sont d’ailleurs les seuls endroits ou les routes sont planes. Ce qui explique les sauts que font les voitures dans les intersections dans les films (en profiter pour re-regarder Bullitt).

Là, nous sommes sur Lombard Street, certainement une des rues les plus chics de San Francisco avec ses maisons de style victorien. Ne me demandez pas pourquoi les américains ne font pas d’effort pour passer les câbles électriques en sous sol ; ca reste un mystère pour moi !

Toujours sur Lombard Street, nous sommes au pied de la partie la plus connue de tous les touristes. Dans cette courte descente en sens unique, huit virages en épingle à cheveux au milieu de bacs de fleurs. Ca s’appelle Crookedest Street : la rue crochue !

Cette fois, nous sommes en haut de Crookedest Street. La vue est magnifique. On aperçoit dans le fond la baie de San Francisco avec le pont Bay Bridge qui permet de traverser la baie pour se retrouver à Oakland et Berkeley. En plein centre de la photo, la célèbre Coït Tower. Ne délirez pas, son nom ne vient pas de sa forme « érecto-pénienne » ; la pudibonderie américaine ne l’aurait pas permis. En fait, elle a été érigée avec les fonds d’une madame Lillie Coït (si, si, c’est vrai), en hommage aux pompiers qui l’avaient sauvée des flammes quand elle était enfant. Elle est sensée représenter une lance à incendie !

I left my heart in San Francisco
High on a hill, it calls to me.
To be where little cable cars
Climb halfway to the stars!
(I Left my Heart in San Francisco – Tony Bennett /All Time Greatest Hits)

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